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Les six dissonances de 2010
que peut-on en attendre? suite et fin. Alors que septembre laisse derrière lui un doux souvenir d'un ensoleillement abondant qu'on aurait souhaité pendant l'été, que l'année pourtant dominée par une prépondérance d'harmonies cosmiques s'achève dans une abondance d'expressions négatives toutes plus révélatrices les unes que les autres comme la récession (canadienne, américaine, européenne et même mondiale), la crise du papier, la crise alimentaire, la crise du pétrole et quelques autres qui attirent moins l'attention, alors que les indices boursiers montent et dégringolent par centaines de points par jour et que les grandes institutions du monde doivent débloquer des centaines de milliards de dollars simplement pour maintenir à flot des entreprises majeures au bord de la faillite, et enfin alors qu'avec la dissonance Saturne/Uranus débutant exactement le 4 novembre nous entrons cette fois bel et bien dans la zone perturbée, l'interprète s'interroge sur les mots et les expressions à retenir pour décrire ce qui vient. Comment le faire sans en rajouter, sans créer en plus une crise des mots en sachant très bien que le vocabulaire des superlatifs est plutôt restreint? Jusqu'à maintenant nous avons survolé la zone d'action de la quadrature Uranus/Pluton et tenté d'en définir la dimension dans le temps et dans l'espace, mais comment incorporer tout cela dans un ensemble beaucoup plus vaste qui constitue la toile de fond? Dans les décennies et même les siècles à venir il y aura évidemment d'autres quadratures ou oppositions entre ces deux planètes, mais certaines seront isolées et certaines autres seront même accompagnées de puissantes harmonies. Pour celle qui vient, les autres dissonances auront sûrement pour effets d'en aggraver la portée et d'en augmenter la puissance, ce qui se traduira par le fait que bien peu d'entités pourront y échapper; il y aura peu d'endroit sur la planète que l'on pourra qualifier de sûr et bien peu de positions ou de situations qui ne deviendront pas vulnérables. Le premier terme qui vient à l'esprit est l'effondrement ou l'écroulement, surtout des structures diverses puisque Saturne participera à l'ensemble, mais surtout parce que Pluton représente la partie cachée, les profondeurs, l'économie appelée à juste titre souterraine. Et par structure il faut entendre tout ce qui est organisé, d'une manière ou d'une autre : des gouvernements, des institutions civiles, des entreprises, le capital, celui que l'on appelle le grand capital et qui se comptabilise maintenant en milliers de milliards et qui circule plus ou moins librement à travers toutes les frontières, toutes les entités. En économie, on le sait, la valeur réelle n'existe que dans un rapport avec la demande. Une maison valant un million de dollars ne vaut plus un sou si personne n'en veut, et la valeur d'une entreprise cotée en bourse est toujours relative à la confiance subjective que l'on peut avoir en elle. Un seul ouragan pouvant affecter des installations pétrolières fait aussitôt bondir le cours de l'or noir, une seule mauvaise nouvelle entraîne les indices à la baisse, et le terme volatile exprime parfaitement tous ces mouvements. Périodiquement, il y a des périodes plus sombres pendant lesquelles l'économie se porte moins bien, et on a inventé le terme récession pour décrire ce temps. En fait, tout l'édifice économique repose sur la croissance, elle-même reposant essentiellement sur la progression démographique. Avec le début des années cinquante, la population mondiale se met à croître d'une façon exponentielle, et toutes les grandes entreprises entrevoient des possibilités illimitées de s'étendre. La population mondiale passe rapidement de trois à quatre milliards d'habitants, puis à cinq et à six, mais en cours de route, avec la fin du vingtième siècle, l'effet s'estompe parce que les influences cosmiques ont changé la trame de fond. L'ère des Poissons, que l'on peut considérer comme le signe le plus prolifique au point de vue de la reproduction humaine, cède la place à l'ère du Verseau, un signe dont les valeurs s'expriment davantage par le minimalisme que par l'abondance, par la qualité que par la quantité. Mais si avec la fin du vingtième siècle la population mondiale atteint les six milliards, il n'y en a que quatre et même un peu moins qui font partie de la grande économie. Avec l'ouverture de la Chine et de l'Inde, deux autres milliards de consommateurs viennent s'ajouter et le marché mondial explose pour deux décennies, mais le problème de fond reste entier. Avec le début de l'ère du Verseau on invente la pilule contraceptive, les nouvelles familles entrevoient l'avenir avec moins d'enfants, les individus deviennent plus indépendants, le nombre de couple diminue, la compétition augmente, la pression de rendement dans l'activité s'accroît, le nombre de personnes vivant seule augmente, le goût d'avoir des enfants se fait moins pressant et le nombre de personnes (hommes et femmes) ayant décidé volontairement de ne pas en avoir augmente. La verticalité remplace l'horizontalité, et les entreprises commencent un mouvement de rationalisation et à s'avaler les unes les autres pour devenir plus concurrentielles, pour survivre. Les géants deviennent des colosses, mais comme pour les grosses structures soutenant de gros ouvrages la base devient plus vulnérable. Ce qu'il faut retenir de la dissonance, tant au point de vue individuel que collectif, c'est qu'elle n'entraîne pas nécessairement par elle-même la catastrophe : elle n'en crée que le contexte global qui permet à toutes les frustrations et à toutes les erreurs passées de remonter à la surface. Il y a quelques jours, comme des paroles prophétiques, le Président Sarkosy disait qu'il faudra construire le monde de demain, mais sans doute sur de nouvelles bases : il faudra réorganiser, il faudra réinventer. Et quel est le rapport avec l'économie? C'est l'essence même. La croissance démographique est réelle, la croissance économique est artificielle, et les deux sont totalement interdépendantes. Pendant soixante ans on a géré la croissance mais on devra apprendre à gérer l'équilibre, et éventuellement la décroissance. Ainsi, pour la prochaine année, par exemple, on commence à extrapoler des indices de croissance qui sont inférieurs à 1 %, mais d'aucuns parmi les économistes continuent de penser ou d'espérer qu'il ne s'agit que d'un ralentissement, d'une période creuse, et que les choses vont redevenir ce qu'elles étaient « avant ». Mais voilà, nous ne sommes plus « avant », nous sommes maintenant « dans » l'ère du Verseau, pour le meilleur « et » pour le pire. Le terme 0, que l'on utilise abondamment pour la lutte contre l'alcool ou autre calamité, est une des valeurs les plus fondamentales du signe et son implication dans la vie terrestre a et aura de plus en plus d'importance dans l'avenir. On l'a observé d'abord dans les économies nationales et locales où un mouvement s'est dessiné depuis plusieurs années pour « équilibrer » les budgets, c'est-à-dire éliminer les déficits ou les ramener à zéro. Or, les tendances d'un signe sont cosmiques et elles tendent à s'appliquer indifféremment dans tous les domaines et de manière universelle. Peut-on penser alors que la croissance démographique tend à se rapprocher de l'équilibre absolu (reproduction 1 pour 1), que les budgets tendent à se rapprocher de l'absolu (un dollar dépensé pour un dollar reçu), que les arbres seront remplacés dans une proportion identique (1 planté pour 1 abattu), mais que la croissance économique n'obéira pas au même modèle? Les économistes peuvent le croire mais la réalité les rattrapera tôt ou tard, et dans ce cas-ci plutôt tôt que tard. Le principe fondamental de l'économie moderne est la croissance. Pourquoi investirait-on mille dollars dans des actions si au bout de deux ans elles en valent encore mille? La progression exceptionnelle de la démographie mondiale pendant les trois dernières décennies du vingtième siècle s'est accompagnée d'une progression exceptionnelle également des entreprises et du grand capital, et ces nouvelles générations ont bénéficié de conditions de travail et de revenu très supérieures à celles d'avant, créant ainsi une richesse abondante qui s'est retrouvée dans des entreprises gérant des capitaux de centaines de milliards et devant faire des placements afin de la faire fructifier. Paradoxalement, la progression de cette richesse s'accompagnait de la montée de l'endettement individuel et public à un niveau presque égal, d'où il est possible d'affirmer qu'en fait la richesse est artificielle tout comme l'économie, et qu'elle repose essentiellement sur la confiance et la consommation. En dernière heure, en complétant cet article, nous apprenons la proposition d'un plan de redressement de 700 G $ (milliards) proposé au congrès mais rejeté en fin de semaine. Même en admettant qu'il soit modifié et finalement adopté, les résultats positifs n'en seront que temporaires car presque insignifiants en regard de la crise réelle et profonde qui s'annonce pour les prochaines années. C'est ici que l'élément humain entre en jeu et que les influences cosmiques dissonantes peuvent perturber l'équilibre maintenu en temps d'harmonie. Il serait donc possible, théoriquement, de traverser une période d'intenses dissonances sans en subir trop gravement les conséquences, mais pour cela il faudrait faire preuve d'une grande discipline et de ne pas céder à la panique. Jusqu'à maintenant, dans l'histoire du monde, cela ne s'est jamais avéré en regard des collectivités. Individuellement, certaines personnes ont cette faculté de ne pas céder à l'instinct ou à la panique et de se contrôler parfaitement tout en s'ajustant aux nouvelles réalités, mais les foules ne le peuvent pas. L'harmonie calme l'esprit et la dissonance l'exacerbe. Il suffirait sans doute que chacun accepte pendant un certain temps de diminuer les attentes, de gérer les situations avec plus de pondération et d'exercer moins de pression à la hausse sur le système, mais l'émotion prend presque toujours le dessus sur la raison dans les périodes troubles. Il serait bien douteux que cela ne se reproduise pas encore cette fois-ci. C'est cette dimension qui sera beaucoup plus à redouter que n'importe quel autre facteur, et on peut de ce fait prévoir que pendant la période trouble les esprits s'échaufferont plus rapidement, qu'il y aura un grand nombre de manifestations, de revendications, de réactions vigoureuses face aux perspectives de réduction des revenus et des avantages que la société peut offrir en temps d'abondance, tout cela s'accompagnant de désordre, de rébellion, de soulèvement, à l'égard des administrations publiques qu'on tiendra pour responsable des mauvaises performances économiques, mais sans reconnaître que chacun a sa part de responsabilité dans la gestion des fonds publics. Quant aux autres aspects de la vie terrestre pour lesquels la base d'observation est plus fragile et plus alétoire comme le rapport des aspects planétaires et les mouvements géologiques, climatiques et autres concernant la vie physique de la planète, la santé collective, on peut penser que si les seules positions du Soleil et de Lune à angle droit et en opposition engendrent des phénomènes terrestres observables, celles des autres planètes le peuvent aussi, surtout les plus volumineuses. Lorsque Jupiter atteindra les derniers degrés des Poissons en mai 2010, elle sera simultanément en opposition de Saturne, elle-même en conjonction de Saturne à ce moment-là, les trois géantes du système solaire formeront un encadrement céleste propice aux perturbations terrestres. En juillet et août, le trio se retrouvera dans les premiers degrés du Bélier et de la Balance, pour former un quatuor avec Pluton également sur les premiers degrés du Capricorne, et plus précisément en quintet pendant une semaine environ pendant les dernier jours de juillet et les premiers d'août alors que Mars se joindra au groupe conjoint à Saturne. Sans doute peut-on déjà extrapoler que ce sera un creux de vague comme il s'en présente rarement sur la grande horloge célestes, une concentration exceptionnelle pouvant engendrer des heures douloureuses pour notre mère la Terre et pour les habitants qui y vivent. Mais déjà en septembre, Saturne se détachera du groupe pour diminuer la pression globale, mais sans pour autant que cela marque la fin de la période. Heureusement, si on peut utiliser ce mot, aucune des lunaisons du printemps et de l'été ne tombe directement sur une de ces positions, seule celle du 12 juin se produisant à 21o Gémeaux dans l'orbe éloigné mais très acceptable en astrologie mondiale de la quadrature avec Saturne à ce moment-là à 28o Vierge. Alors, comment gérer cette perspective au plan individuel? On ne peut que suggérer la plus grande prudence dans les décisions importantes à prendre à partir de maintenant et de reporter à plus tard tout ce qui ne revêt pas un caractère nécessaire. Évidemment, on comprend que si un grand nombre de personnes décident en même temps d'attendre avant d'acheter un véhicule neuf cela se répercutera négativement sur l'industrie des véhicules en particulier et sur l'économie en général et aggravera la situation. Ce sera donc à chacun de trouver les meilleures solutions pour traverser la crise en attendant des jours meilleurs qui, quoi qu'on en pense et en dise, reviendront éventuellement... Jacques Cyr
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